Jadis, je vous aurais souris.
Pardonnez moi de ne pas paraitre aimable.
Dis moi, toi, l'Amoureux. Crache moi à la gueule tes putains de connards de mots. Vas- y fillette, dis moi que tu m'aimes. Allez. Rabaisse toi. Embrasse le sol. Lèche ma fierté. Envois moi en enfer. Toi, le sentimental des balivernes. Agenouille toi et prie. Prie cet enfoiré de ciel qui m'a mis au monde. Vomis lui tes mots. Fais lui subir ton supplice. Egorge lui son fils. Pour qu'il sache. Sache ce que cela ça fait de se faire tuer par les yeux. Misérable vermine de putain d'amoureux. Ne daigne pas poser tes salopes d'iris sur moi. Je te l'interdis, mec. Je te l'interdis et l'exige . Dans le bordel de tes fantasmes, je règne. Je m'extase de tes pensées. Je me noie dans ta douleur. Je suis en orgasme, pervers . Je règne, enfoiré. J'exige ta vie, incapable. Elle me revient, désormais. Tu veux me baiser . Mais, pauvre enfant, je n'encule que mes semblables. Ceux qui vivent de la frivolité et de la nuit. Toi, connard, tu es pur. Tu es pur comme les catins sont catholiques. Tu es dégoutant d'amour. Je gerbe. Je gerbe et je me vide. Saloperie de mâle qui se torture les sens pour sa reine. Saloperie d'agonie qui te tiraille les organes. Saloperie de vicieux. Enfoiré, je te supplie de continuer. De te faire mal . De m'envier de mon détachement. D'interpréter mes soupirs. De voler mes larmes. J'exige que tu me voles tout. Tout ce dont je n'ai pas le besoin et l'envie. Que tu meures étouffé par mes envies et que mes larmes te décapitent. Que mes erreurs te sucent ta chère dignité. Celle qui persiste à diriger ton organe se cassant les dents sur la forte matière du mien. J'ai un c½ur, Amoureux. Un c½ur de bâtarde qui n'a jamais éprouvé les papillons. Envie mon âme. Brule moi les os. Noirci ma raison. Je t'en prie, Aime moi , Amoureux. Deviens fou. Fou d'une douleur trippante. Fais moi rire, connard. Fais moi rougir de rire. Assiste à mon pardon, ensuite. De m'avoir écorché le ventre de ma moquerie. D'avoir trop fait bouillonner mes cotes, d'avoir craquelé mes lèvres. Lutte, salopard. Saigne tes mains à force d'inhaler la poussière . Lie toi d'amitié avec les insectes. Ceux qui contorsionnent leur corps sur ta danse, qui bouffent les serments des meilleurs. Aie peur. De crever la gueule ouverte, enfoiré. Aie peur de frôler le romantisme de Roméo. Je te butterai. Je te sauterai la cervelle que Juliette mangera avec les doigts dans son paradis d'Eden. Je serai serpent, Amoureux. Je dormirai entre tes cuisses pendant que toi, salop, tu me dessinera tes idéaux. Je jaugerai ton torse et je me perdrais dans mes malédictions. Je brulerais les pages de tes promesses. Je te ferais ravaler ta douce et meurtrière passion, je m'aimerai de ma force . Je grignoterai tes dernières espérances. Je te jetterai aux loups.
Puis, je me laverais les mains.


